De New York à Paris, Whistler débarque au Musée d’Orsay

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James Abbott McNeill Whistler, Nocturne: Venise [Nocturne: Venice], 1880 / © The Frick Collection (photo: Joseph Coscia Jr)

Un important ensemble d’œuvres quitte New York pour la première fois depuis plus d’un siècle pour être présenté au Musée d’Orsay jusqu’au 8 mai 2022. James Abbott McNeill Whistler (1834-1903). Chefs-d’œuvre de la Frick Collection est la nouvelle exposition que vous ne devriez pas rater tout en profitant de beaux jours qui arrivent. Cette présentation exceptionnelle rassemble 22 œuvres du peintre aux trois patries (Américain, Britannique et Français) dont quatre peintures, trois pastels et 12 estampes à sujets vénitiens ainsi que trois peintures des collections du musée.

La venue des œuvres de Whistler au musée d’Orsay est un évènement remarquable. Certaines n’ont pas été vues à Paris depuis la rétrospective posthume de Whistler à l’École des beaux-arts en 1905, et d’autres n’ont même jamais été exposées en France. Elles viennent ici dialoguer avec Arrangement en gris et noir n°1: portrait de la mère de l’artiste, icône de l’art américain et des collections nationales (l’État l’a acheté en 1891).

Parmi les œuvres présentées, le Musée d’Orsay accroche l’étonnant paysage L’Océan, peint par Whistler lors d’un voyage au Chili, et quelques grands portraits représentatifs de ses célèbres «symphonies en blanc» et «arrangements en noir»: le portrait de Mrs Frederick Leyland (chef-d’œuvre de l’Aesthetic Movement), le portrait de Rosa Corder, et enfin celui de l’extravagant esthète Robert de Montesquiou-Fezensac. Ce dernier, l’un des ultimes tableaux peints par Whistler, est probablement l’œuvre la plus moderne de la Frick Collection.

Né en 1834 dans le Massachussetts, Whistler grandit entre les États-Unis, la Russie et l’Angleterre. Il fait son apprentissage et ses débuts à Paris entre 1855 et 1859. Après son installation à Londres, l’artiste garde un lien privilégié avec la scène artistique parisienne, exposant au Salon des refusés en 1863 et devenant dans les années 1890 l’un des «phares» de la nouvelle génération symboliste. Sa peinture proclame l’indépendance de l’art vis-à-vis «des émotions qui lui sont totalement étrangères, telles que dévotion, pitié, amour, patriotisme». Regardant aussi bien du côté des estampes japonaises que de Velázquez, Whistler simplifie ses compositions et applique ses couleurs en touches très fluides et en délicats glacis.

Henry Clay Frick (1849-1919) est de ces self-made-man américains de la fin du XIXe siècle, qui ont fait fortune dans l’industrie et ont rassemblé de formidables collections d’œuvres d’art. À la fin du XIX siècle, Henry Clay Frick bâtit sa collection, et au début des années 1910, l’ouvre à l’art de la fin du XIXe siècle. Il achète dix-huit œuvres de Whistler faisant ainsi de cet artiste l’un des mieux représentés dans sa collection. Sans doute avait-il la conviction que Whistler était aussi le dernier maillon d’une tradition, celle de Velázquez, Rembrandt ou Gainsborough, dont il possédait aussi des chefs-d’œuvre.

L’exposition est organisée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie avec la collaboration exceptionnelle de The Frick Collection.

 

Infos pratiques

 

1,rue de la Légion d’Honneur 75007 Paris
Du 8 février au 8 mai 2022)
Site internet

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