Le cinéaste chinois Wang Bing à l’honneur au BAL

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Père et fils, 2014, vidéogramme / © Wang Bing — Galerie Paris-Beijing
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Par Sylvie CAVACCIUTI

Il vous reste encore quelques jours pour aller voir la magnifique exposition L’œil qui marche consacrée au réalisateur chinois Wang Bing. Son œuvre va au plus près de l’humain, sur les pas de l’Autre, filmant le plus souvent les exclus du miracle économique chinois. Jusqu’au 14 novembre, le BAL (18e), espace dédié à l’image-document, vous offre l’opportunité de (re)découvrir ce grand cinéaste dans un lieu tout aussi singulier que son invité.

Que ce soit du documentaire ou de la fiction, «pour Wang Bing filmer relève de l’urgence, de la nécessité d’interroger son temps, son pays, d’établir un hors-champ de la couverture médiatique officielle, entre propagande et censure. Son cinéma est traversé par cette question: comment montrer la vie des anonymes, ceux que l’économie socialiste de marché ignore, méprise ou exploite?», écrivent dans la présentation de l’exposition les commissaires Dominique Païni et Diane Dufour.

Le parti pris de l’exposition est d’avoir fait le choix d’explorer les premiers films du cinéaste. Un choix nécessaire dans cette œuvre gigantesque. Des extraits de six de ses films sont mis à l’honneur ici. La scénographie plonge entièrement le public dans l’univers cinématographique de Wang Bing et dans cette réalité souvent saisissante captée par son œil et sa caméra.

La visite nous fait suivre les pas du cinéaste —toujours en mouvement— capturant l’imprévisible, l’invisible parfois… patiemment. «Être là, ni trop loin, ni trop près, attendre, ne pas partir, ne pas intervenir, ne pas savoir a priori, laisser la vérité des personnages advenir d’elle-même».

Né en 1967 à Xi’an en Chine, Wang Bing partage aujourd’hui sa vie et son travail entre son pays natal et la France. C’est avec À l’ouest des rails (2003) —trilogie de 9 heures sur un complexe sidérurgique en voie de disparition du nord-est de la Chine— que Wang Bing est révélé au grand public. Il devient alors une figure importante du cinéma chinois.

À la suite, de nombreux films documentaires tels que À la folie (2013), Argent amer (2016), mais aussi une fiction comme Le fossé (2010). Parallèlement Wang Bing se consacre à la création d’installation vidéo: L’Homme sans nom (2009), 15 Hours (2017)… Ses films sont présents dans les festivals internationaux et font régulièrement l’objet de rétrospectives.

Cette exposition est une magnifique rencontre avec un cinéma du monde en perpétuel mouvement, un cinéma à la fois teinté d’humilité, d’urgence comme de patience, de réalisme brut et d’irréalité

À ne pas manquer!

 

Infos pratiques

 

6, Impasse de la Défense 75018 Paris
Jusqu’au 14 novembre 2021
Site internet