L’Égypte à Paris: petit voyage dans une grande civilisation

Maison de l'Égypte à la Cité internationale universitaire

Maison de l'Égypte à la Cité internationale universitaire. Architecte du projet: sam architecture. © Rosario Badessa (image de synthèse)

La civilisation égyptienne ne cesse de fasciner. L’exposition L’aventure Champollion. Dans le secret des hiéroglyphes à la BnF (13e) est le prétexte idéal pour vous emmener dans un beau parcours. On part loin dans le temps et l’espace mais, bien entendu, on reste à Paris. On l’appelait l’Égyptomanie dans la France de la fin du XVIIIe siècle. Pourtant, cet engouement pour l’Égypte antique est toujours d’actualité. La preuve: la construction de la flambant neuve Maison de l’Égypte à la Cité internationale universitaire de Paris (14e). L’Égypte à Paris: découverte!

 

Champollion à la BnF

 

L’aventure Champollion. Dans le secret des hiéroglyphes. Connaître les noms des pharaons bâtisseurs des pyramides. Déchiffrer les livres des morts retrouvés dans les tombeaux. Lire la littérature la plus ancienne et comprendre les colonnes de hiéroglyphes gravés sur les temples. Voilà ce que Jean-François Champollion (1790-1832) offre au monde. À peine âgé de 32 ans, il expose son interprétation lumineuse du système graphique des Égyptiens anciens.

 

À l’occasion du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes, la Bibliothèque nationale de France met en lumière le père de l’égyptologie et l’homme qu’a été Champollion. Manuscrits, imprimés, estampes, photographies, peintures, papyrus, sculptures, sarcophages et monnaies. Près de 350 pièces issues des collections de la BnF. Mais également de prêts exceptionnels du Musée du Louvre et du Museo Egizio de Turin.

 

Pour continuer l’aventure Champollion, allez découvrir le surprenant obélisque qui orne sa tombe au cimetière du Père Lachaise (20e). Et sa statue dans la cour du Collège de France (5e), où il avait occupé une chaire d’égyptologie en 1831. Son sculpteur, Frédéric Auguste Bartholdi, est aussi celui de la célèbre Statue de la Liberté.

 

Maison de l’Égypte

 

Il s’agit d’un endroit unique dans le monde entier. On ne se lassera jamais de le répéter. Chez PARISCOSMOP, on admire ce projet humaniste et haut lieu de brassage de langues et cultures: la Cité internationale universitaire de Paris. On adhère à ses valeurs et on célèbre la construction de nouvelles maisons: celles de la Chine et de l’Égypte. Cette dernière est la deuxième étape de notre voyage. Elle est l’œuvre d’une équipe d’architectes franco-égyptienne Sam architectes et Dar Arafa architecture.

 

Malgré les échafaudages encore sur place, on peut déjà admirer les hiéroglyphes gravés dans la façade Est. Ces signes en égyptien ancien proviennent de textes traitant de la quête du savoir. Il s’agit d’extraits de la prière à Thot, dieu de la sagesse, et de la profession de foi du scribe dans le papyrus Lansing. Voici un court passage: «Plus utile un livre qu’une demeure de maçon, qu’un édifice à l’occident. Il est meilleur qu’un manoir établi, qu’une stèle dans le temple».

 

L’Obélisque de Louxor

 

Quand on pose la question de quel est le plus ancien monument de Paris, trois réponses sont presque invariablement évoquées: Notre-Dame de Paris, l’enceinte Philippe Auguste et les Arènes de Lutèce. La bonne réponse se trouve exactement au centre de la Place de la Concorde, dans le 8e. L’Obélisque de Louxor, âgé de plus de 3 300 ans, vient de se faire une cure de jouvence.

 

Protégé par une bâche pendant les récents travaux de restauration, il a retrouvé tout son éclat d’origine. Avant qu’il ne soit offert à la France par Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte, en 1830, il se dressait à l’entrée du temple de Louxor. D’ailleurs, il n’était pas le seul. À ses côtés, il y en avait un autre de même proportion. Tous deux ont été offerts «pour servir éternellement de lien entre les deux pays». Mais finalement un seul a été transporté en France. Vivement l’Égypte à Paris.

 

Le Louvre: pyramide, cour carrée et antiquités

 

On s’éloigne de la place de la Concorde, on traverse le Jardin de Tuileries et on arrive à la Pyramide du Louvre.  En s’inspirant clairement des pyramides du site de Gizeh en Égypte, l’œuvre de l’architecte sino-états-unien Ming Pei devient un clin d’œil à l’histoire. Les pyramides sont la première forme d’architecture monumentale jamais réalisée par l’être humain. Ce choix de Ming Pei est également une façon de faire référence aux collections égyptiennes du musée.

 

Pénétrons maintenant la Cour carrée du Louvre. Ici, le Nil adossé à une pyramide. Là, Isis nue jusqu’à la ceinture et assise sur un siège gravé de pseudo-hiéroglyphes. Là-bas encore, l’impératrice Cléopâtre avec un serpent dans une main. Plus loin, l’Archéologie tient la statuette d’un pharaon… Chaque sculpture est l’œuvre d’un artiste différent. Chacune a été réalisée plus tard ou plus tôt dans le temps. Toutes nous racontent une histoire lointaine qui devient présente sous nos yeux émerveillés.

 

Ne quittez pas le Louvre sans visiter l’exposition Pharaon des deux terres, l’épopée africaine des rois de Napata. Ou revenez un autre jour avant le 25 juillet 2022.

 

Une frise, une place, un passage, un ciné…

 

On reste dans le 8e, pas loin du Louvre. Les frises du Grand Palais ont été construites à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900. Fractionnées en dix panneaux, elles célèbrent l’art au travers des civilisations connues. L’Égypte n’échappera pas à votre œil avisé! Mais peut-être que les travaux de restauration du bâtiment vont vous obliger à reporter votre visite à une date ultérieure. Nous allons donc nous éloigner du 8e arrondissement et nous rendre dans le 2e.

 

On sait qu’on se rapproche de la Place et du Passage du Caire quand les rues du 2e arrondissement commencent à avoir des noms qui évoquent l‘Égypte: d’Alexandrie, du Nil, d’Aboukir, du Caire… C’est sans doute la façade de l’immeuble de cinq étages du numéro 2 de la Place du Caire qui attirera votre regard. Trois têtes représentant la déesse Hathor, corniche à gorge au sommet, hiéroglyphes, disque ailé surmontant l’entrée du Passage du Caire… Cet ensemble a été réalisé en 1828 par l’architecte Berthier dans un style «retour d’Égypte».

 

Magnifiquement rénové depuis 2013, le Louxor – Palais du cinéma, trône au carrefour des 9e, 10e et 18e arrondissements de Paris. Inscrit aux Monuments historiques, le bâtiment est un remarquable exemple de l’architecture antique des années 1920. La façade néo-égyptienne est de l’architecte Henri Zipcy.

 

…Et deux fontaines

 

Le chapiteau égyptien de type palmiforme donne son nom à la fontaine de la Place du Chatêlet. La Fontaine du palmier commémore plusieurs batailles victorieuses de Napoléon, dont celle des Pyramides lors de la campagne d’Égypte. Chacun des quatre sphinx est représenté couché, portant un némès (coiffe emblématique des pharaons) et orné d’un cobra qui évoque l’œil brûlant et protecteur de Rê (dieu solaire, créateur de l’univers dans la mythologie égyptienne).

 

Une autre fontaine, celle du Fellah, dans le 7e arrondissement, est l’une des plus insolites de Paris et un bel exemple du style néo-égyptien. Fellah évoque un paysan arabe d’Égypte. Mais certains y voient plutôt la statue d’Antinoüs, le favori de l’empereur Hadrien. Ceci correspond à une autre histoire et à une autre civilisation. Restons en Égypte sans quitter Paris.