Éditorial

Liberté, égalité, fraternité-diversité

PARISCOSMOP naît pour faire chuter les murs et bâtir des ponts entre les citoyen.ne.s. Ce nouveau média célèbre ouvertement la diversité parisienne et la présence, toujours stimulante, des cultures du monde au sein de la ville.

© PARISCOSMOP®

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Temps de lecture : 4 minutes

«Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. À l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations». Octavio Paz, prix Nobel de littérature.

 

L’image qui accompagne cet éditorial est un détail du pan du Mur de Berlin qui se trouve à l’Esplanade 9 novembre 1989, date de sa chute. Il est bel et bien placé dans le 15e arrondissement de Paris, près de l’accès principal du Parc d’expositions de la Porte de Versailles. Il n’est pas le seul. Pas loin, dans le 16e, un autre pan se dresse dans le jardin de la Maison de la radio et de la musique. Plus loin encore, dans le quartier des affaires de la Défense, on en trouve une section plus grande. Presque tous passent inaperçus malgré ce qu’ils représentent. 

 

Tous ces pans du Mur de Berlin sont là pour rappeler aux passants le non-sens de la séparation, de la division… Plus encore, pour signaler la vaine nature des murs: hier, à Berlin, il y en avait un qui était presque infranchissable; aujourd’hui, à Paris, les pans de ce dernier sont des éléments «presque banals» du mobilier urbain. Toutefois, il y a encore des «murs» dans nos villes. Leur nature est immatérielle mais ils ont les mêmes buts: séparer, diviser… Parfois ils sont le fruit de l’intolérance envers les différences, du manque de solidarité envers les autres ou de la peur de l’inconnu tout simplement. Ils sont tous invisibles mais leurs dégâts sont bien évidents: xénophobie, racisme, intolérance…

 

D’ailleurs, un détail de cette image n’échappe pas à l’œil ni à l’esprit: cette confrontation entre un haut coloré et étendu et un bas monochromatique et rétréci… cette tension entre l’aplomb des couleurs et la raideur du gris. En transposant cet antagonisme à la société parisienne et même française, le haut représenterait la grande diversité de ses citoyens et citoyennes; le bas, des résistances à reconnaître et à stimuler la richesse que cette pluralité entraîne. Il ne s’agit pas d’une réalité binaire mais complexe: le gris est aussi une couleur et comme tel il est justement la synthèse des trois couleurs primaires.

 

PARISCOSMOP se situe au carrefour de cette complexité. Ce nouveau média naît pour faire chuter les murs et bâtir des ponts entre les citoyen.ne.s tout en célébrant ouvertement la diversité parisienne et la présence, toujours stimulante, des cultures du monde au sein de la ville. Pourtant, PARISCOSMOP n’esquivera aucun des débats qui traversent la société autour des enjeux liés à la diversité, et défendra, toujours avec véhémence, les valeurs sûres telles que le vivre ensemble, le métissage des cultures et la non-discrimination.

 

PARISCOSMOP s’érige donc comme un média indépendant proposant des informations locales liées au brassage des cultures du monde à Paris et aux phénomènes qui en découlent. L’objectif ultime de ce nouveau média est de mettre à profit la reconnaissance et la visibilité de la diversité culturelle parisienne et francilienne, et de promouvoir la fraternité et les possibilités de rencontre, d’interaction et de connaissance mutuelle entre tou.te.s les habitant.e.s de la ville.

 

PARISCOSMOP va d’abord se concentrer sur les 20 arrondissements de la capitale pour s’étendre ensuite à la petite couronne et arriver enfin au reste des départements d’Île-de-France. Il y a, en effet, de la matière pour cette entreprise: Paris et l’Île-de-France sont la ville et la région les plus peuplées de France. Qui plus est, elles abritent 40% de toute la diversité des femmes et des hommes issu.e.s de l’immigration qui habitent en France.

 

Paris est d’ailleurs l’une des capitales les plus cosmopolites de la planète. Selon les derniers chiffres de l’Insee de janvier 2020, la proportion de personnes immigrées est de 23,4 % à Paris et très légèrement supérieure en Île-de-France. L’Afrique est le premier continent de provenance de cette diversité suivie par l’Europe, l’Asie, les Amériques et l’Océanie. Près de 20% des étudiant.e.s à Paris sont d’origine étrangère. 40% des mariages sont des couples mixtes. 9% des dirigeant.e.s d’entreprises sont des étrangers hors UE. Tous ces chiffres attestent du brassage social, économique et culturel qui donne chaque jour lieu à d’innombrables échanges et manifestations interculturels.

 

Comment accueillir et inclure toute cette diversité ? Voilà le grand défi auquel sont confrontées les sociétés contemporaines. La France a recours au modèle d’assimilation, terme toujours en vigueur dans le Code civil mais banni du langage officiel qui préfère celui d’intégration. Il est fondé sur une politique universaliste attribuant à tous les mêmes droits, abstraction faite de leurs différences. À contrario, d’autres pays, surtout les anglo-saxons, ont parié sur le modèle multiculturaliste: les différences sont acceptées au détriment de la cohésion sociale. Une troisième voie est proposée par le Conseil de l’Europe: le modèle interculturel.

 

PARISCOSMOP s’inspire du modèle interculturel pour façonner toutes ses actions d’information et de communication. En effet, selon le Conseil de l’Europe, l’interculturalisme essaye de contourner le poids de l’assimilation culturelle. Il reconnaît que l’héritage et l’identité sont fluctuants, peuvent se croiser et même se chevaucher, se nourrir et s’enrichir de toutes les cultures et de tous les échanges. Il encourage, en conséquence, le mélange et l’interaction entre des personnes d’origines différentes. L’objectif final est de construire une identité collective et une cohésion sociale forte basées sur le pluralisme, les droits humains, la démocratie, l’égalité entre les sexes et la non-discrimination.

 

Le Conseil de l’Europe produit l’Index des cités interculturelles (ICC) basé sur le modèle interculturel. Il évalue la performance de nombreuses villes du monde entier à partir d’indicateurs parmi lesquels l’accueil de nouveaux arrivants, la médiation et la résolution de conflits, les entreprises et le marché du travail, la gouvernance de la diversité… La place de la ville de Paris dans cet Index est loin d’être celle dont ces habitant.e.s sont dignes, loin de l’image élogieuse de ville-monde vantée par des responsables politiques. Paris, ses citoyennes et citoyens méritent mieux, méritent plus.

 

PARISCOSMOP souhaite en conséquence accompagner de manière bienveillante et vigilante tous les efforts entrepris par la société civile, par les responsables politiques, par les associations, par tous les acteurs qui travaillent pour une ville et une région plus ouvertes et plus inclusives. Une ville et une région où chacun.e malgré ses différentes origines cherche à s’épanouir toute en ayant conscience du socle commun qui nous lie les uns les autres et qui est fondamental pour la cohésion sociale.

 

Le clivage pour ou contre l’immigration ne devrait plus être d’actualité. C’est un débat dépassé, binaire et vain, comme les murs. Cela fait déjà longtemps que la diversité est là, que ses racines se sont ancrées profondément dans cette terre fertile et accueillante qu’est Paris. La présence de cette diversité est partout… chez nous et dans nos rues, il faut juste ouvrir les yeux et les esprits. Les questions que nous devrions nous poser aujourd’hui c’est comment mieux l’inclure, comment mieux l’accueillir et la célébrer, comment mieux tirer profit de son haut potentiel pour qu’elle participe à et de la prospérité de la ville.

 

Voilà donc tous les principes et les valeurs qui inspirent ce nouveau média. Il commence son chemin avec une vision qui tient en une phrase: quand nous partageons notre richesse culturelle quelle que soit notre origine, les murs et les frontières tombent! 

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